Dans beaucoup de cabinets, le Scican Statim est l'appareil qui « débloque » la stérilisation quand le temps presse : un cycle de quelques minutes, une pièce à main de nouveau disponible entre deux patients. Cet autoclave flash à cassette a une vraie réputation d'efficacité — mais aussi des limites qu'il faut comprendre avant d'en faire le pivot de son poste de stérilisation. Voici, sans complaisance, ce qu'il fait très bien et ce qu'il ne fait pas.

Le Statim, c'est quoi exactement ?

Fabriqué par Scican (groupe Coltene), le Statim n'est pas un autoclave à cuve comme la plupart des modèles de cabinet. C'est un stérilisateur à cassette : les instruments sont rangés dans une cassette métallique amovible, qui sert à la fois de chambre de stérilisation et de plateau de transport. La vapeur est générée dans un petit réservoir puis injectée dans cette cassette, ce qui réduit considérablement le volume à chauffer. Résultat : des cycles bien plus courts qu'un autoclave classique, et une pièce à main qui revient vite en salle. C'est tout l'intérêt du « flash ».

Comment fonctionne un cycle Statim

Le principe repose sur une injection pulsée de vapeur : la vapeur est envoyée par à-coups pour chasser progressivement l'air de la cassette avant la montée en température. Cette gestion de l'air est ce qui permet à la vapeur de pénétrer l'intérieur des instruments creux, comme les canules ou les corps de pièces à main. Le cycle enchaîne ensuite le plateau de stérilisation à la température voulue, puis une phase de séchage par air chauffé filtré. Sur les versions G4, l'appareil est connecté : écran tactile, traçabilité électronique des cycles, export des données — un vrai plus pour la conformité documentaire du cabinet.

La gamme Statim, modèle par modèle

Trois grandes familles cohabitent. Le Statim 2000 est le plus compact : cassette d'environ 1 kg d'instruments, cycle non emballé parmi les plus rapides du marché (de l'ordre de 6 minutes). Le Statim 5000 reprend le même principe avec une cassette plus spacieuse (environ 1,5 kg) et un cycle supplémentaire, pour des charges plus volumineuses ; comptez plutôt 9 minutes en non emballé. Ces deux modèles existent en versions « S » (Classic) et « G4 » (connectées), et sont des autoclaves de classe S. Enfin, le Statim 6000B est, lui, un véritable classe B à cassette, pensé pour couvrir l'ensemble des charges emballées et poreuses. C'est une distinction capitale, sur laquelle nous revenons plus bas.

Les vraies utilités au cabinet

Là où le Statim brille, c'est la rotation rapide. Quand un praticien n'a qu'un ou deux jeux de pièces à main et enchaîne les patients, un cycle flash de quelques minutes évite la rupture de matériel sans devoir multiplier les achats d'instruments coûteux. C'est aussi un appareil doux pour les instruments délicats — fibres optiques de pièces à main, instruments d'endodontie, fraises diamantées — dont il prolonge la durée de vie. Pour un cabinet d'omnipratique chargé, une salle de chirurgie ou un plateau technique qui a besoin de réactivité, le Statim est un excellent appareil de complément. Son format compact et son fonctionnement à cassette le rendent par ailleurs facile à intégrer dans une zone de stérilisation déjà équipée.

Classe S : ce que cela implique vraiment

Tout l'enjeu tient dans la lettre. La norme EN 13060 classe les petits stérilisateurs en trois grandes catégories : N (charges simples, non emballées), S (domaine intermédiaire défini par le fabricant) et B (le plus large, incluant charges emballées, creuses et poreuses). Le Statim 2000/5000 est un classe S : il traite les instruments creux et pleins, emballés ou non selon le modèle et le cycle, mais sur un domaine de charges plus restreint qu'un classe B. Pour bien comprendre ces différences et leurs conséquences pratiques, nous les détaillons dans notre article dédié : autoclave classe B, S ou N : quelles différences ?. En clair, un Statim classe S n'a pas la même polyvalence qu'un classe B, et ce n'est pas un défaut : c'est sa vocation.

Le Statim ne remplace pas un autoclave classe B

C'est le point le plus important, et celui sur lequel certains cabinets se trompent. En France, la bonne pratique pour le poste de stérilisation principal est de disposer d'un autoclave classe B, capable de traiter toutes les charges, y compris les sachets pelables et les corps poreux destinés au stock stérile. Le Statim classe S, lui, est taillé pour le flux rapide, pas pour constituer seul le poste central. La configuration la plus saine est donc : un classe B comme appareil de référence (voir notre comparatif d'autoclaves classe B) et, si le rythme du cabinet le justifie, un Statim en complément pour la rotation express. Si vous cherchez justement un classe B, notre catalogue propose plusieurs modèles révisés et garantis sur la page autoclaves & stérilisation.

Entretien, eau et coût d'usage

Le Statim est fiable, mais il est exigeant sur deux points. D'abord l'eau : il faut une eau déminéralisée ou distillée de bonne qualité, faute de quoi le réservoir et les conduits s'entartrent et les pannes arrivent. Ensuite les consommables : joint de cassette et filtre sont des pièces d'usure à remplacer périodiquement, et la cassette elle-même doit rester propre et bien entretenue. Avec ces gestes de base, des cycles de test réguliers et une maintenance technique périodique, l'appareil reste performant longtemps. Côté budget, un Statim reconditionné et révisé représente une alternative pertinente au neuf pour s'offrir la réactivité du flash sans en payer le prix fort — à condition que le reconditionnement soit sérieux et documenté.

Notre avis

Le Scican Statim est un excellent autoclave… à condition de lui demander ce pour quoi il est fait. Comme appareil de complément, pour la rotation rapide des pièces à main et des petits jeux d'instruments, il est difficile à battre : rapide, compact, doux avec les instruments et, en version G4, bien intégré côté traçabilité. Comme unique poste de stérilisation, en revanche, un classe S montre vite ses limites face aux exigences d'un cabinet : pour cela, c'est un classe B qu'il vous faut. Vous hésitez sur la bonne combinaison pour votre activité ? Décrivez-nous votre projet et nous vous orientons sans biais, en reconditionné comme en neuf, avec un technicien qui intervient sur Statim comme sur les autres marques.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un autoclave flash Scican Statim ?

Le Statim est un petit autoclave à cassette conçu pour stériliser très vite de petites charges d'instruments. Au lieu d'une cuve classique, les instruments sont placés dans une cassette métallique amovible traversée par un flux de vapeur. Cette conception permet des cycles non emballés de l'ordre de 6 à 9 minutes selon le modèle, d'où l'appellation d'autoclave flash.

Le Statim est-il un autoclave de classe B ?

Les Statim 2000 et 5000 (versions S et G4) sont des autoclaves de classe S selon la norme EN 13060, pas de classe B. Ils stérilisent les instruments creux et pleins via une injection pulsée de vapeur, mais avec un domaine de charges plus restreint qu'un classe B. Scican propose un modèle classe B distinct, le Statim 6000B, pour couvrir l'ensemble des charges emballées et poreuses.

Le Statim peut-il remplacer un autoclave classe B au cabinet ?

En général non. En France, la bonne pratique est de disposer d'un autoclave classe B capable de traiter toutes les charges, y compris emballées et poreuses, pour le stock stérile du cabinet. Le Statim classe S est idéal en complément, pour la rotation rapide des pièces à main et instruments entre deux patients, mais il n'a pas vocation à constituer seul le poste de stérilisation principal.

Quel entretien pour un autoclave Statim ?

L'entretien repose sur une eau déminéralisée ou distillée de qualité, le nettoyage régulier de la cassette et du joint, le remplacement périodique du filtre et du joint de cassette, et les contrôles de routine (cycles de test, traçabilité). Comme tout dispositif de stérilisation, le Statim doit faire l'objet d'une maintenance et d'une qualification régulières par un technicien.